3 Fév

QUI-VIVE de Virginie CAVALIER

Galerie du fort - Virginie CAVALIER exposition

Confrontant l’animé et l’inerte, Virginie CAVALIER questionne le rapport à l’animal. Fixant le sentiment d’appartenance à la communauté du vivant, elle ritualise par le biais de tentatives d’animalisation et d’humanisation. La faune, révélatrice d’un héritage, l’amène à façonner des hybrides, un glissement, à partir d’un processus de collecte, de soin et d’associations. Évoquant le cabinet de curiosités, le chamanisme ou la sorcellerie, Virginie CAVALIER aborde la culture animiste, où les êtres assurent leur juste place dans l’environnement.

Je traque  “restes”, “trophées”, dépouilles délaissées et une fois nettoyées pour certaines, les traite pour leur conservation. Je les trouve en chinant, dans des élevages de petits producteurs, lors de marches en montagne, où ils étaient livrés à la putréfaction. Ce processus de collecte définit l’éthique de ma pratique.

Lorsqu’ils tuaient un animal, les Amérindiens se devaient d’utiliser un maximum des parties de celui-ci. Sa mort devait avoir un sens. Les divinités recevaient les ossements en offrande, en échange de quoi, les hommes étaient autorisés à pratiquer la chasse. Cela, en contraste au mode de vie contemporain, plus en demande de produits carnés, engendrant d’importantes productions de viande.

En sortant les dépouilles de leur contexte, à travers l’accumulation, le détournement, la valorisation, un trophée de chasse se met au service de questionnements et tend à rendre le sujet plus palpable. Le fondement de cette recherche entre instrumentalisme et estime se trouve dans ses souvenirs. Virginie CAVALIER s’est considérée proie, fragilisée par des actes violents. Parfois, par l’usage de l’humour noir, se basant sur des sujets tabous, Virginie CAVALIER lie dégoût et amusement. L’utilisation de la mort à travers la déviation, l’humour, la désacralisation, le fantasme, rend possible l’assimilation, le phénomène de catharsis.

D’une part, elle crée des rites de transpositions culturelles, funéraires, comportementales, de l’humain vers l’animal et réciproquement. D’une autre, Virginie CAVALIER tente de réparer le corps, elle utilise des parties provenant de différentes espèces, les ré-assemble, les mixe. Des hybridations qui sont plus proches de l’idée générique que l’on se fait du mot «animal» que de la réalité d’un être vivant.

La recherche de sens consécutifs à l’altération de notre patrimoine naturel, Virginie CAVALIER nous pousse aujourd’hui vers une approche de poétisation, ébauche du caractère insaisissable du monde sauvage.

Née en 1993, diplômée d’un DNSEP en 2018 de l’École Supérieure d’Art des Pyrénées à Tarbes, Virginie CAVALIER vis et travaille dans les Hautes-Pyrénées.

Détails

Exposition :  du 3 au 25 fev. 2022

Vernissage :  jeudi 3 fev. @18h30